May 28, 2009

Ars industrialis - Intelligence 2.0

Face à la puissance (auto-)destructrice du crétinisme consumériste effréné, favorisé par les industries de masses médiocres, captatrices d'attention, l'initiative la plus motivante est celle de l'association Ars Industrialis (www.arsindustrialis.org).

Ars Industrialis Haar-Hadamard wavelet logoCette "association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit" relativement jeune, fondée par un club des cinq comprenant le philosophe Bernard Stiegler, n'hésite pas à revendiquer l'esprit joyeux des jumelles de Jacques Demy. En quatre ans, elle a travaillé dans le secteur des technologies de l'esprit, œuvrant à analyser, discuter, proposer, individuellement et en collectif (cf. débats réguliers ouverts au théâtre de la colline, Paris 20e , largement diffusés en podcasts).

Leur ambitieux appel à la mobilisation des intelligences (je dirais intelligence 2.0 si ce n'était pas aussi galvaudé) rejette tout passéisme, car s'intéressant (avec compétence) aux "nouvelles technologies" ; en soulignant certes leurs aspects asservissants mais aussi en proposant de nouveaux usages bénéfiques. Cette attitude mêle aikido (en se préparant techniquement et mentalement à un adversaire puissant) et pharmacologie, dans le sens où ces nouveaux outils, comme les pharmakon à la fois remèdes et poisons, sont susceptibles de soigner comme de tuer (selon la dose prescrite).

Ars industrialis (l'association, pas l'insecte) fait un bilan pour ses quatre ans : samedi 13 juin 2009, 14 rue Malte Brun - Paris 20° - métro Gambetta, 14 heures. Ouvert à tous.

Mais avant de partir, il faudra bien découvrir ce qui les motive : c'était aujourd'hui jeudi 29 mai, dans l'émission Science publique sur France culture, "Pour en finir avec la mécroissance":

Si l’association « Ars Industrialis » n’existait pas, il faudrait l’inventer. À l’instar de Paul Valéry qui s’effrayait de « la baisse de la valeur esprit », ses membres fondateurs, dont le philosophe Bernard Stiegler, ont en commun de prendre au sérieux « la bêtise systémique » qui gangrène le capitalisme lorsque celui-ci devient fou. Le travail qu’ils ont abattu...
disponible sous peu en podcast (mp3 pour une semaine et en format streaming). Et surtout j'aime beaucoup ce logo où une vague base de Haar ou de Hadamard ferait des merveilles.

Les invités :
  • Bernard Stiegler. Directeur de l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) du Centre Pompidou et cofondateur de l’association Ars Industrialis (pages)
  • Alain Giffard. Spécialiste des technologies de l'écrit. Président de la Mission interministérielle pour l'accès public à l'internet (blog)
  • Christian Fauré. "Principal Entreprise Architect" chez Capgemini France (blog)